à propos du café des îles Galapagos
Comme chaque année nous avons reçu en fin d’année quelques sacs de l’un des Arabica les plus rares du monde. Son nom à lui seul fait rêver : Galapagos !
Perdues en plein cœur de l’océan pacifique, à 2500 km des côtes de l’Amérique du Sud, ces îles appartiennent à l’Equateur. Sans l’escale du HMS Beagle en 1835 et la présence à bord d’un jeune scientifique appelé à devenir célèbre – un certain Charles Darwin – le nom de cet archipel nous serait sans doute inconnu. Mais l’étude de la faune locale que Darwin en fit, notamment les fameux iguanes, fait qu’aujourd’hui encore les Galapagos sont associés dans notre imaginaire à l’idée d’une nature vierge de toute présence humaine.
C’est si vrai que l’ensemble de l’archipel est aujourd’hui classé en tant Parc Naturel et inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco afin de préserver le lieu des dérives touristiques et autres visées de la pêche industrielle.
Ceux qui ont vu des photos des ces iles se demandent sans doute comment la culture du café a pu s’y développer. Des plages volcaniques parsemées de rocs noirs où dorment au soleil des iguanes tout droit sortis d’un film fantastique, des landes désertiques, voilà la première image qu’offre l’archipel, bien loin de l’image d’Epinal de la plantation de café… Mais c’est justement l’origine volcanique de ces iles, la présence d’un climat océanique et la proximité géographique de l’équateur qui font de ce lieu un haut-lieu de la culture des Arabicas d’exception.
La culture se concentre sur l’Ile San Cristobal et une seule plantation assure l’ensemble de la production. Les fèves récoltées sont de belle taille à dominante ronde. La couleur varie du vert foncé au vert émeraude. Ce qui me frappe toujours à l’ouverture d’un sac (décoré de l’emblème de la plantation, une tortue multicolore) c’est l’absence quasi-totale de défauts dans les fèves. On atteint des summums de préparation et l’on n’est pas loin de l’exigence de soins apportés au tri des Jamaïque Blue Mountain.
La dégustation révèle un café équilibré tant en force qu’en acidité. Plus acide qu’un Jamaïque Blue Mountain, moins corsé qu’un Hawaï, le café des Galapagos est peut-être le compromis idéal parmi les cafés de légende.
L’équilibre de son goût rend difficile toute préconisation quant à la meilleure manière et heure pour le déguster. Je serai tenté de dire qu’il révélera tout son arôme quelque soit le mode de préparation (classique ou expresso) et qu’il conviendra à tous les moments de la journée… sans modération, mais que son prix relativement élevé le réservera aux moments d’exception.
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